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Vincent PISANI et l'Orchestre Philharmonique de Philippeville
Cliquez sur la photo pour la voir en grand.
Photo 1 :1916, orchestre philharmonique de philippeville
à Blida .... Vincent est derrière la grosse caisse
Photo 2 ;1920 orchestre Orphéon de Philippeville .... Vincent est derrière son tambour
photo 3 :1925, orchestre Philharmonique... Vincent est en 1ere ligne , le plus avancé , baguettes sur l'épaule
Photo 4 :1930 Orchestre Orphéon ....Vincent est le deuxième à droite

Mon grand-père Vincent Pisani est né à Philippeville en 1883. Ses parents
Antoine Pisani et Marie Xerri sont d'origines maltaises.. Antoine est arrivé en
Algérie à Bône le 14 mars 1860 et Marie est née à Philippeville en 1862.
Papi fut cheminot au chemin de fer algérien et plus précisément chef de
manutention à la gare de Philippeville, puis directeur de la société Carmichaêl
se situant dans le port. Il avait une grande passion… le tambour… C'était un
talentueux musicien et, les photos trouvées sur les albums montrent que ses
déplacements étaient fréquents. Il se produisait alors sous sa propre formation
ou avec d'autres groupes.
Voici en copie, une partie du chapitre intitulé "Mon grand-père"du livre que
j'ai écrit sur notre vie à Philippeville et dont j'ai réalisé 8 exemplaires pour
ma famille.
Papi faisait partie de l’orchestre Philharmonique de Philippeville. Il
possédait tout un attirail merveilleux et j’étais très fière lorsque j’étais
avec lui. Outre son impressionnante grosse caisse et son tambour il avait toute
une série de petits instruments dont il me montrait bien sûr le fonctionnement
et qu’il me permettait même d’essayer de temps en temps. La seule chose qu’il
m’interdisait toujours c’était de toucher à ses tambours. Ils ne pouvaient être
manipulés que par lui.
J’ai participé à grand nombre de ses répétitions qui se déroulaient dans une
grande salle pas bien loin de chez moi. Toutes les fêtes et les bals en hiver se
passaient là. C’était le seul endroit à Philippeville où il devait y avoir un
sol recouvert de lattes de bois. C’est sur ce parquet que minuscule j’effectuais
mes premiers pas de danse. J'adorais le rythme la musique, la danse.
Il y avait naturellement aussi, des manifestations en extérieur. Sur la
place Marqué se trouvait un kiosque à musique rien que pour çà ! Les journées
tièdes et douces ne manquaient pas et la foule était toujours nombreuse en ce
lieu de réunion que chacun aimait à retrouver après son travail ou après le
lycée ou le collège pour les plus jeunes. Cela amenait un brin de gaieté
supplémentaire et les bavardages ces jours là étaient un peu moins
importants!...Tous les musiciens étaient alors en tenue d’apparat et les cuivres
étincelaient ! Et puis, pour les circonstances exceptionnelles, il y avait
encore plus solennel: Le théâtre. Là, je me souviens qu’il y avait une toute
autre dimension, et, l’orchestre s’épanouissait mieux encore. Nous étions alors
en plein centre ville dans un superbe édifice devant lequel stationnaient
toujours des calèches. J’ai toujours imaginé les grandes dames arrivant dans cet
équipage, dépliant tous les jupons de leur large robe pour gravir dans leurs
plus beaux atours les marches menant a u théâtre; mon musicien préféré, lui,
avait sans doute connu cette époque. Des représentations étaient encore données
régulièrement. C’était là, le temps de mes toutes premières années, dans une
Algérie en paix ! 
20 juin 1933 au ravin des lions ( Stora )...Vincent est derrière la grosse caisse , costume clair,
gilet et cravate .

2 juillet 1933 orchestre des cheminots de Philippeville
.....Vincent est accoudé à l'escalier à gauche , baguettes sur
l'épaule
Vers les années 1950....Vincent est derrière son tambour
photo gauche , devant la mairie,: Vincent est au 2 eme
rang tout à gauche -
photo droite , sur la place Marqué il est tout devant

Mais, revenons dans « notre » maison : Les baguettes de tambour étaient
toujours en lieu sûr et pourtant toujours à proximité des mains de mon
grand-père ; Le tambour rythmait sa vie, les cymbales le triangle représentaient
les points de ponctuation. Les baguettes dansaient dans ses mains, cela
paraissait très simple et pourtant impossible de seulement les tenir de la même
manière que lui ! Pas étonnant d’ailleurs puisqu’il a été le meilleur batteur
d’Afrique du Nord !
Je me contentais donc de roucouler en soufflant dans les queues de petits
oiseaux de porcelaine brune remplis d’eau. Il y en avait plusieurs qui
émettaient des chants différents.
L’antre du musicien contenait aussi un piano qui était là, pour sa fille.
C’était de toute manière un instrument plus adapté a la gente féminine!!
J’exerçais donc mes petits doigts et très vite Papa et Maman ont pris la chose
plus au sérieux. J’avais un bon exemple mais cela n’a pas suffi à me donner le
virus de la musique. La passion est nécessaire dans ce genre d’engagement et je
manquais à l’évidence de talent et de courage ; ma carrière fut donc très
limitée!! Le virtuose de la famille sera Vincent Pisani.
Pour terminer, je rajouterai qu'en 1962 le départ fut pour lui un
déchirement. Plus de musique et de réunions pleines de bonheur…il lui restait
seulement de merveilleux souvenirs, et, je pense, la satisfaction d'avoir à sa
manière, en son temps, contribué à l'épanouissement de la culture musicale de
son pays, l'Algérie . Je suis certaine que son étoile accompagne aujourd'hui son
dernier descendant né à Philippeville… Christophe a hérité de son talent… Si
vous voulez en savoir plus, allez voir son site !



Devant la place Marqué; Vincent, au 3 eme rang au centre ,
baguettes sur l'épaule. |